La maternité, cette vérité que tout le monde détient

Léonard a (déjà!) 3 mois dans 10 jours, et pourtant, c’est le temps qu’il m’a fallu pour me rendre compte que tout le monde pensait savoir très bien ce qu’il fallait faire. Bien mieux que moi apparemment.

C’est ça le truc avec la maternité et la parentalité en général, c’est que nous sommes tous pleins de certitudes.

Je tends à me tourner vers une approche bienveillante, m’inspirant de différents courants et les adaptant à mon instinct, mais le chemin n’est pas facile.

Tu devrais

Dès l’annonce de ma grossesse, les conseils ont afflué. Pleins de bonnes intentions, ils me mettaient en garde contre « les mauvaises habitudes » que l’on peut donner au bébé ou ils me disaient que « un lit évolutif c’est bien mieux ». Lorsque Léonard est arrivé, ces conseils ont décuplé ! Ils se transformaient en jugement, venant de la famille, des proches ou du corps médical.

Toute jeune maman que je suis, ces paroles m’ont souvent fait douter de moi, à me demander si je faisais bien. Allant jusqu’à me convaincre moi-même que je n’étais pas une bonne maman, que je n’arrivais pas à tenir ce rôle correctement. Mais les autres ne sont pas toujours les seuls ennemis.

Moi, jamais

Je m’étais toujours projetée avec un enfant. J’avais vu ma mère faire avec mes deux frères et moi, et je crois que je voulais faire comme elle. Je m’étais dis certainement par mimétisme, que l’éducation qu’elle m’avait transmise était exactement celle que je voulais transmettre à mes enfants.

Un peu plus tard je me suis éloignée de ça, je m’étais forgée mes propres avis, pour tenir un discours plein de certitudes.

– « Mon enfant dormir dans sa chambre, c’est mieux pour tout le monde »

– « Faut pas non plus qu’on soit collés »

– « Jamais je n’allaiterais plus de deux mois »

– « J’ai absolument besoin d’un transat, il sera tranquille »

Puis j’ai grandit, je suis surtout devenue moi-même, adulte en pleine conscience avec ses erreurs au compteur et ses aspirations. La grossesse est passée par là, et je sentais se développer ce lien incomparable avec ce petit être que je créais.

Puis Léonard est arrivé, faisant de moi une Maman. Cet innocent visage parfait avait besoin de moi pour vivre ! Il comptait sur moi pour prendre les meilleures décisions possibles et le rendre heureux. C’était effrayant, mais très grisant aussi.

Venaient alors les premiers pleurs, les premiers doutes. Ces crises qui semblaient interminables et qui me laissaient sans armes, perdue, comme si j’étais incapable de remplir tous ses besoins. Incapable de l’apaiser, de le rendre heureux.

Alors il a fallu que je me fasse violence, mais par dessus tout, que je me fasse confiance, en faisant abstraction de toutes les interventions extérieures, aussi innocentes soient-elles.

TA maternité

C’est au moment où je l’ai eu tout contre mon ventre, après lui avoir donné naissance, que j’ai compris.

Toutes ces certitudes n’en étaient pas. C’était simplement des idées qu’on se fait. Puis la réalité c’est que, avoir ton enfant dans les bras, ça te rend la plus forte du monde.

Alors j’ai commencé à pratiquer l’allaitement à la demande. Je le cajolais à chaque pleure. Je le portais à longueur de journée. Je contenais difficilement mes larmes lors de ses détresses. Je ne pouvais pas dormir sans lui, alors nous avons installé un lit cododo.

J’avais mal au dos, j’étais épuisée des tétées incessantes. On m’a dit que je lui donnais trop, qu’il fallait réguler. On m’a dit que je le portais trop, qu’il fallait le laisser. On m’a dit que j’étais trop collée, qu’il allait devenir capricieux. On m’a dit qu’à dormir avec lui je perdrais ma vie de couple.

Puis j’ai persévéré, je suis têtue. J’ai continué à l’allaiter à la demande, malgré l’épuisement. J’ai continué à le porter, à danser avec lui, à réagir à tous ses pleurs. Le Papa ne s’est jamais senti exclu de notre relation, et encore moins exclu du lit. Papa l’endort au bras, quasiment tous les soirs. Je lui donne la tétée lorsqu’il est en détresse et non, je n’ai pas peur qu’il devienne accro. Nous lui avons donné la tétine, malgré les avis contraires concernant l’allaitement, et qu’est-ce ça l’a apaisé !

Je n’ai pas la science infuse, nous ne détenons pas la clé suprême. Mais c’est NOTRE méthode. La maternité, la parentalité, ça ne s’apprend pas dans des livres, nous n’y sommes pas préparés.

Par contre cet enfant, là, avec ses yeux de biche, et ses sourires d’ange, c’est lui, le livre.

Un commentaire sur “La maternité, cette vérité que tout le monde détient

  1. Tellement vrai, encore très bien écrit, très juste, très sincere !
    Et oui seule nous pouvons déterminer ce qui est le mieux pour nous, notre couple, notre enfant, notre famille !
    #nonauxpseudomamasparfaites 😘

    Aimé par 1 personne

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